Énergie renouvelable et habitat : des alternatives à connaître

Lelia Ouine

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Entre la question de la sauvegarde de la planète et celle des économies d’argent… chacun sait qu’il est temps de faire attention à sa consommation. Il s’agit bien sûr de faire attention à son alimentation, à effectuer des achats responsables, ou de favoriser les transports en commun. Néanmoins, quand on sait que le résidentiel représente 46% des consommations d’énergie* dans le monde, alors, il y a de quoi se pencher plus précisément sur le sujet. Vous comprendrez donc qu’il nous paraissait primordial d’aborder le sujet de l’énergie renouvelable.

Bonne nouvelle : il y a l’embarras du choix ! Quitte à consommer la moitié de l’énergie de notre pauvre planète… autant user de ressources illimitées au lieu de puiser dans ce qui tend à disparaître. Il existe des solutions individuelles (à l’échelle d’une habitation) ou bien collectives, qui permettent d’injecter de l’énergie propre dans le réseau national.

L’énergie solaire

S’il est une source d’énergie inépuisable, c’est bien l’énergie solaire. Sans mauvais jeu de mot, le soleil est notre bonne étoile sur ce coup-là ! Bien qu’à des milliers de kilomètres de la Terre, son rayonnement est amplement suffisant pour nous apporter de l’énergie. De l’énergie à en revendre.

L’énergie solaire passive

Utiliser l’énergie solaire passive, c’est utiliser ce que le soleil nous envoie dans l’état pour chauffer nos habitations ou cuire notre nourriture. Si cela paraît un peu utopique, c’est pourtant bien vrai. Il est possible de réaliser tout cela, en s’orientant comme il faut.

Four solaire et casserole

Vous avez sans doute déjà entendu parler du four solaire ? Il s’agit d’une méthode simple qui ressemble à un barbecue, sauf que ce sont les rayons du soleil qui cuisent la nourriture. Le gros du travail est de trouver la bonne orientation et d’incliner les réflecteurs comme il faut.

On est loin de subvenir ainsi à tous les besoins en énergie, bien sûr. Et encore faut-il que la météo soit clémente… pas de quoi cuire un gigot de sept heures tous les dimanches. Par contre, si vous êtes au stade de la réflexion pour faire construire une maison, vous serez ravi d’apprendre que les maisons BBC (Bâtiment Basse Consommation) sont quasiment autonome en énergie ! L’orientation des façades et fenêtres, les matériaux utilisés… autant de techniques spécifiques à ce type de bâtisses qui peuvent permettre de ne pas à avoir à installer de système de chauffage chez soi. Et en plus, ça tombe bien, parce que les maisons BBC sont bien souvent des maisons très lumineuses, et ça en terme de confort, on adore !

Photovoltaïque

Le solaire photovoltaïque est sans doute la méthodes qui fait le plus d’adeptes du point de vue des énergies renouvelables. En captant l’énergie émise par le rayonnement du soleil, les panneaux photovoltaïques permettent de créer de l’énergie.

La particularité de cette méthode est qu’elle peut être appliquée à l’échelle des maisons individuelles, des habitats collectifs, ou même sur des champs entiers pour injecter de l’énergie directement dans le réseau.

D’ailleurs, savez-vous qu’il est possible de revendre l’électricité créée par vos panneaux solaires ? Il existe en effet deux méthodes. Vous pouvez générer avec vos panneaux votre propre énergie, pour votre consommation personnelle. Celle-ci peut être stockée dans des batteries pour être restituée au moment venu. Sinon, il est possible de réinjecter l’énergie générée dans le réseau et d’être rétribué pour cela. Ainsi, il arrive parfois que certains foyers « gagnent » de l’argent avec cette méthode, lorsque la quantité d’énergie revendue est supérieure à l’énergie consommée.

On notera que la démarche écologique peut être mise en cause assez facilement par certains (et par les rumeurs) avec les panneaux photovoltaïques. Pourtant, saviez-vous qu’un panneau solaire est recyclable à plus de 90% ? Des sociétés se sont lancées sur ce marché et ce recyclage est financé par l’éco-participation. Vous trouverez d’ailleurs un tas d’informations utiles pour démentir certaines rumeurs dans cet article de WeDemain.fr !

Energie solaire thermique

On a parlé tout à l’heure de l’énergie solaire passive, qui consiste à utiliser l’énergie solaire telle qu’elle se présente à nous, dans le cas par exemple des fours solaires. À part cet usage spécifique, la chaleur des rayons du soleil peut être utilisée autrement. On peut la restituer notamment dans des centrales solaires thermiques.

Le fonctionnement est assez proche de celui d’une centrale nucléaire, mais il représente beaucoup moins de risque. Si les centrales nucléaires représentent une façon « propre » de produire de l’énergie car elles m’émettent pas de gaz à effet de serre, elles ont un énorme inconvénient ! Que faire des déchets nucléaires ? Ce problème ne se pose pas avec les centrales thermiques solaires.

Grâce à un système de miroirs convergents en un même point, de très fortes chaleurs sont générées. Elles chauffent de l’eau, ce qui créent de la vapeur. Enfin, la pression générée par cette vapeur fait tourner une turbine qui crée ainsi de l’énergie.

Il est donc impossible aujourd’hui de créer individuellement de l’énergie de cette manière. Néanmoins, en souscrivant un contrat auprès de fournisseurs d’énergie « verts » vous en bénéficierez indirectement. En effet, cette énergie viendra potentiellement d’une centrale solaire thermique par exemple !

La biomasse

Le terme de « biomasse » regroupe tout un ensemble d’énergies renouvelables. Vous les connaissez tous puisqu’on les utilise depuis l’âge de pierre… Il s’agit de transformer une matière organique (ou le la laisser se transformer d’ailleurs) afin qu’elle émette de la chaleur ou de l’énergie. C’est le cas de la combustion de bois, tout simplement !

L’usage de la biomasse pour créer de l’énergie et chauffer nos habitations représente plus de la moitié des énergies renouvelables en France.

La biomasse cultivée

Exemple typique de biomasse cultivée : le bois de chauffage ! Les cheminées à l’âtre ou à insert en consomment, mais aussi les poêles à bûches. On peut aussi parler des granulés de bois bien sûr, mais la majorité émanent de « restes » de bois et par conséquent ils entrent dans la catégorie suivante, celle des biomasses recyclées.

On compte aussi l’huile colza, de palme, les céréales ou la betteraves qui permettent de créer des biocarburants. S’ils font partie des énergies renouvelables, ils ne nous concernent pas réellement aujourd’hui, puisque nous parlons là des énergies renouvelables dans l’habitat.

Une information reste primordiale à prendre en compte au sujet de ces biomasses cultivées : il faut les utiliser de façon judicieuse mais se rappeler que les sols cultivés devraient en priorité être réservés à des cultures alimentaires. Le but de la démarche, avec les énergies renouvelables, est d’aider notre planète… Si l’on se retrouvait forcés d’importer notre nourriture au lieu de la faire pousser sur nos sols, car nous les consacrons à créer de la biomasse… ce serait le monde à l’envers !

La biomasse recyclée

Il s’agit là de recycler, ou plutôt d’upcycler des déchets organiques. On les brûle ou l’on utilise le gaz émis dans leur décomposition pour créer de l’énergie. Il peut d’ailleurs servir de déchets ménagers comme de déchets industriels. Ainsi, ce type de ressource a une empreinte carbone nulle, puisque ces déchets existaient de toute façon !

Le premier exemple cité plus haut est celui des « chutes » de bois de l’industrie, qui peuvent servir à créer des granulés de chauffage. Ces derniers peuvent être utilisés dans les poêles à granules ou bien dans les chaudières à biomasse.

Bien sûr, tous les déchets d’origine végétale peuvent être concernés : le bois certes, mais aussi le papier, le carton, les déchets verts, etc. Et puis, aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est aussi le cas des déchets d’origine animale dont le fumier et le lisier, et certains restes alimentaires.

Un bon exemple à ce sujet qui fait beaucoup parler : les bûches à base de crottin de cheval. Mélangées à leur litière, les déjections des chevaux, poneys et ânes sont séchées et compressées pour obtenir des bûches. Il n’y a aucune odeur, contrairement à ce que l’on pourrait croire, et elles ont un haut pouvoir calorifique. Il n’existe qu’un seul producteur de ces bûches en France, il s’agit de la société Équibûches.

La géothermie

Autre ressource inépuisable sur Terre : la chaleur du sol ! Il est possible, par le biais de longues tuyauteries sous le sol, de capter sa chaleur et d’en faire de l’énergie par le biais d’une pompe à chaleur. Cela demande bien sûr des aménagements assez importants. Il est sans doute plus facile de se pencher sur ce type d’installation dans le cas d’une construction neuve, où tout est à faire et où des terrassiers sont déjà présents sur le chantier. Quand il s’agit de s’attaquer à un terrain déjà entretenu, avec un beau gazon et peut-être même des parterres de fleurs, c’est plus compliqué à envisager.

D’ailleurs, il faut aussi faire quelques calculs concernant la surface du terrain. Pour effectuer un calcul rapide, il faut prévoir de poser des tuyaux sur une surface équivalente à 1,5 fois la surface des pièces à chauffer. Donc, si vous avez une maison de 100m² à chauffer, il faut que l’installation dé géothermie se fasse sur 150m² du terrain. Il s’agit là de géothermie horizontale.

Il existe aussi, mais c’est moins courant, des installations de géothermie verticale. Dans ce cas, on répartit les tuyaux en profondeur, parfois jusqu’à 100 mètres sous terre, ou bien directement dans la nappe phréatique. Bien sûr ce sont des cas particuliers qui requièrent l’avis de professionnels.

L’énergie hydraulique et éolienne

Deux autres ressources totalement naturelles qui peuvent être utilisées pour créer de l’énergie : le vent et l’eau. Le fonctionnement des deux systèmes est assez similaire. Dans les deux cas, on utilise la force de l’eau ou du vent pour faire tourner une turbine, cette turbine produisant à son tour de l’énergie.

On pense aux moulins près des rivières mais aussi aux immenses barrages ! Si l’énergie hydraulique n’est pas simple à mettre en oeuvre chez soi – à moins d’avoir un cours d’eau dans son jardin – c’est un peu plus facile pour éolienne. Bien entendu, il faut pour cela obtenir des autorisations officielles. Un mât et des hélices au milieu de sa cour, pourquoi pas, mais pas n’importe comment ! Ensuite, le fonctionnement est similaire à celui des éoliennes de grand format, la rotation des pales entraîne la rotation d’un générateur. Grâce à celui-ci, l’énergie du vent devient de l’énergie électrique.

Il existe bien sûr des subventions pour mettre en place ce type de système, mais renseignez-vous aussi sur vos droits en la matière.

Comment choisir son énergie renouvelable ?

Les contrats « énergie verte »

Pas évident en effet de s’y retrouver entre toutes ces solutions. Si vous n’avez clairement pas envie, pas le temps ou les moyens d’effectuer des changements de fond chez vous pour passer à l’énergie renouvelable, une solution évidente existe pour vous : souscrire un contrat d’énergie verte. Quasiment tous les fournisseurs d’énergie en proposent aujourd’hui.

Avec ces contrats, vous avez la garantie que le fournisseur injectera dans le réseau autant d’énergie renouvelable que ce que vous consommez. Plus les consommateurs seront nombreux à souscrire à ces contrats au lieu de contrats classiques, plus il y a d’énergie verte sur le réseau, au détriment des énergies fossiles.

Nous vous mettons en garde cependant. Comme à chaque innovation ou chaque changement d’ampleur, les arnaques existent. Difficile après tout de s’assurer à 100% que tout fonctionne bien comme prévu, d’autant que les 3/4 de l’énergie produite en France est produite pas des centrales nucléaires, qui ne sont pas incluses dans ces contrats d’énergie verte… Nous vous laissons donc maîtres de vos décisions à ce sujet.

Faire des calculs de rentabilité

Si vous hésitez entre plusieurs de ces solutions, ou bien plusieurs types d’appareils pour devenir autonome en énergie, quelques calculs s’imposent.

Il est tout d’abord utile de connaître votre consommation actuelle d’énergie en kWh et ce que cela vous coûte. Vous disposez certainement d’un abonnement auprès d’un fournisseur d’énergie avec un coût mensuel + un tarif au kWh en fonction de votre consommation. Dans le tableau comparatif que vous allez effectuer, indiquez donc ces coûts et ces volumes comme référentiels de base.

Sur les lignes suivantes, indiquez le coût à l’achat de votre nouvelle installation + les coûts mensuels engendrés s’il y en a. Pour finir, dans votre tableau, effectuez quelques additions pour connaître le coût à 10 ans.

Par exemple, votre consommation électrique de chauffage avec un contrat classique :
> 15€ d’abonnement mensuel + 150€ de consommation mensuelle = 165€/mois X 12 mois X 10 ans = 19.800€ sur 10 ans
Avec un poêle à granulés :
> 3.000€ de matériel à l’installation + 50€ de granulés par mois = 3.000€ + 50 X 12 X 10 = 9.000€ sur 10 ans

D’un point de vue logique, cet investissement de 3000€ peut paraître important de prime abord. Néanmoins, on voit rapidement que l’amortissement se fait très vite. Ces calculs ont été effectués sur une consommations « moyenne » d’un foyer de 4 personnes vivant dans une maison d’environ 120m². Il faut aussi bien sûr prendre en compte l’électricité consommée par les autres appareils de la maison. Néanmoins, quand on sait que le chauffage représente entre 70 et 90% de la consommation d’électricité d’un foyer qui en est équipé… cela pousse à réfléchir !

Prenez bien le temps d’analyser ces chiffres. La démonstration effectuée ici est un cas « moyen » mais ne représente peut être pas votre réalité individuelle. Si vous souhaitez penser à la planète et/ou faire des économies, il faut aussi prendre en compte l’isolation thermique de votre habitation. Un grand nombre de facteurs est à prendre en compte !

Enfin, dernière chose concernant la rénovation énergétique de votre habitation : il existe de nombreuses aides financières pour cela, et de nombreux professionnels pour vous aider. Cependant, gare aux arnaques ! L’État a mis en place le service FAIRE, il s’agit non seulement d’un site internet informatif très complet mais aussi un numéro d’appel 100% gratuit. De quoi faire des choix éclairés !

Sources :
*Chiffres clés de l’énergie – Edition 2019, Commissariat général au développement durable

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